Aguerd, après le séisme
En septembre 2023, la terre a tremblé dans le Haut Atlas. À Aguerd, village accroché à la pente, les maisons sont faites de la montagne même : pierre, terre crue, bois. Certaines ont tenu, d'autres se sont effondrées sur leurs terrasses. Nous y sommes allés pour comprendre pourquoi, et pour aider à reconstruire.
Sur le chantier pilote de la maison Haouz, la terre est prise au terrain lui-même, tamisée, mêlée de paille, de chaux et de sable, puis damée entre les banches. Les murs se posent perpendiculairement à la pente, pour mieux recevoir ses poussées. Sans langue commune, c'est le dessin qui parle : tant de brouettes, tant de seaux, un carnet ouvert au milieu du chantier.
Puis vient le temps du relevé. La maison du père de Khamal, berger dans la montagne, a grandi par tranches avec la famille, en un plan en S qui épouse l'espace disponible. Pierre, terre et planchers de bois, sans béton : c'est peut-être ce qui l'a sauvée. Le relevé en suit chaque mur et désigne les points de rupture, pour que la reprise de la structure soit une manière de la faire renaître, sans rien lui retirer de ce qui fait sens pour ceux qui l'habitent.
Avec l'association Intervalle de Thibault de la Laurencie, et Nabil Rahmouni, architecte du chantier pilote. Relevés menés avec Alexis Chevalier et Balthazar Donzelot. Photographies : Alexis Chevalier.




Chantier pilote en pisé


Maison de Khamal — relevé et diagnostic





